Choftim
Le Soleil n’a pas disparu
Ce mercredi soir, une éclipse partielle du Soleil a été visible depuis la France, tandis que, dans le nord de l’Espagne, l’astre du jour disparaissait entièrement derrière la Lune. À l’heure du couchant, sa lumière a semblé s’effacer du ciel.
Elle ne s’était pourtant pas éteinte. Le Soleil n’avait perdu ni sa puissance ni son éclat. La Lune s’était simplement interposée entre lui et nous. Ce que nous percevions n’était pas un affaiblissement du Soleil, mais l’effet de notre position.
Le Rabbi a souvent souligné que tout ce qu’une personne voit ou entend doit lui enseigner quelque chose dans son service de D.ieu. L’éclipse d’hier nous invite ainsi à regarder vers ces moments où notre propre lumière semble disparaître.
Le Pérek Chira, qui décrit le chant adressé à D.ieu par chaque élément de la Création, associe précisément le chant du Soleil au moment de son éclipse. Rabbi Moché ben Yossef de Trani, sage et kabbaliste du XVIe siècle, explique ce choix : le Soleil loue D.ieu aussi bien pour ce qui paraît mauvais que pour ce qui est bon. En effet, l’éclipse paraît amoindrir son éclat, mais elle révèle au contraire ce qui le définit : sa lumière ne lui vient pas d’ailleurs. À la différence de la Lune, il demeure pleinement lumineux jusque dans son occultation.
Ce chant porte ainsi une idée profonde : l’obscurité n’atteint pas toujours la lumière elle-même ; elle peut ne toucher que notre capacité à la recevoir. Ce qui nous apparaît comme une disparition peut être un voile, non une extinction.
Il y a des éclipses dans une vie. Une inquiétude, une fatigue, une épreuve ou une déception peuvent venir se placer entre nous et ce qui nous éclaire. Parce que l’obstacle est proche, il occupe tout notre champ de vision. Nous pouvons alors croire que notre lumière intérieure s’est affaiblie, que notre lien avec D.ieu s’est distendu ou que le bien a déserté le monde.
Cet enseignement ne nous demande pas de nier l’obscurité. Une épreuve fait mal, une injustice exige réparation, une perte creuse une absence. Mais ce qui nous cache la lumière n’en est pas la source. Derrière l’écran, l’âme demeure pure et son attachement à D.ieu reste intact.
Que faire lorsque vient « l’éclipse » dans notre vie ? Ne pas attendre de ressentir de nouveau la lumière pour agir. Donner de la Tsédaka, étudier la Torah, prier avec davantage d’attention ou accomplir un geste de bonté. Une Mitsva ne recrée pas le Soleil : elle écarte ce qui nous le dissimule.
Chaque lumière ainsi dévoilée nous rapproche de Machia’h, lorsque la présence de D.ieu ne sera plus voilée et que le bien caché au sein de la Création apparaîtra au grand jour.
‘Hodech Tov et Chabbat Chalom !
Vos amis @ Fr.Chabad.org
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